jeudi 11 avril 2013

J comme jargon


Lorsque l'envie me prit de créer un blog généalogique, je ne dérogeai pas à mes habitudes et je fis d'abord un tour dans l'une de mes librairies favorites.

Source Photopin
Je n'ai pas mesuré le temps passé ce jour-là à me promener dans les rayons et à feuilleter les ouvrages, mais je me connais, j'ai dû ressortir trois quarts d'heure plus tard. J'avais trouvé un guide plutôt bien fait, dans la collection des Guides 360, chez Oracom Éditions, intitulé "Développer son blog" et sous-titré "Découvrir. Apprivoiser. Maîtriser", le tout abondamment illustré(1).

J'en ai tiré immédiatement profit. Avec plus ou moins de bonheur, je vous laisse en juger. Toutefois, je restai quelque peu dubitative devant cette phrase, page 122 : "Il semblerait qu'une URL courte, simple à lire, sans caractères spéciaux soit plus facilement crawlée par les bots" !!!

Bon, j'ai fini par comprendre, mais permettez-moi d'avoir une pensée pour tous les professeurs qui me donnèrent l'envie de manier les mots : ils prônaient, eux, une langue limpide.


(1) Un ouvrage collectif, certainement, j'ai vainement cherché le nom des auteurs.

mercredi 10 avril 2013

I comme insolite


Je transcrivais l'acte de mariage de Jean Filhon et de Catherine Dabadie, qui eut lieu le 2 décembre 1812 à Pau, lorsque je tombai sur la phrase suivante : "fille majeure de vingt un ans du sieur Pierre Jacques Dabadie marchand et de dame Philippe Bauhorry son épouse"(1). Oui, vous avez bien lu : Philippe ! Rien à voir, a priori, avec les actuels débats sur le mariage pour tous. Peut-être avais-je mal lu ?

Source Photopin
 C'était au début de mes recherches généalogiques, mais j'avais déjà acquis le réflexe de vérifier, autant que faire se peut, toute information avant de la saisir dans ma base de données. Je cherchai aussitôt l'acte de baptême de Catherine, dont la date était indiquée dans l'acte de mariage.

Le vicaire de la paroisse Saint-Martin n'est guère prolixe, mais le doute n'est pas permis : "L'an mil sept cent quatre vingt dix et le treize octobre est née et a été baptisée Catherine fille légitime de Pierre Jacques Abadie m(archan)d et de Philipe Bauhorry"(2). Je note au passage la variante du nom de famille Dabadie. Le prénom insolite de la mère m'est bien confirmé.

L'acte de décès de Catherine, rédigé en octobre 1825(3), confirmera à nouveau ce prénom de Philippe que je croyais exclusivement masculin.

La consultation des registres de la ville de Pau était à l'époque (fin 2009) une épreuve pour les nerfs, avec chemins d'accès tortueux, temps d'affichage plus que longuets, maniement hasardeux du zoom… Sans compter que les archives des autres communes des Pyrénées-Atlantiques n'étaient pas encore disponibles. Et je ne parle ni du Gers, ni des Hautes-Pyrénées, dont j'attends toujours avec impatience la mise en ligne.

Bref, je n'ai guère exploré cette branche pour l'instant et j'ignore si ce prénom insolite pour une femme est un cas isolé dans la famille Bauhorry.


(1) Archives de la communauté d'agglomération Pau-Pyrénées 1 E 58 vues 55 et 56/61
(2) Archives de la communauté d'agglomération Pau-Pyrénées GG 62 vue 105/140
(3) Archives de la communauté d'agglomération Pau-Pyrénées 1 E 100 vue 45/58

mardi 9 avril 2013

H comme Husson


Une de mes grandes frustrations ! C'est le lieu de naissance d'une de mes arrière arrière-grands-mères du côté paternel.

Source Photopin
Tout s'annonçait pourtant pour le mieux. Lorsque j'accédai à l'acte du mariage civil de Louis Martin Chancé et d'Anne Restaux, rédigé le 20 février 1815 au Touchet par le maire de la commune, messire Frédéric Auguste de la Chambre de Vauborel (excusez du peu), je découvris deux pages d'une écriture facilement déchiffrable. Et un luxe de détails.

Anne, fille de Louis Restaux et d'Anne Jacqueline Hamel, âgée de vingt-quatre ans, était née en la commune de Husson le 8 mai 1792. Que demander de plus ? À l'époque, les archives de la Manche n'étaient pas encore disponibles en ligne ; je me tournai donc vers le service d'entraide de FranceGenWeb pour demander une copie de l'acte de naissance ou de baptême. Las, la réponse ne se fit pas attendre : pas d'actes pour Husson avant 1803 !

J'ai pu vérifier l'information sur le site des archives numérisées, plutôt bien fait, lorsque j'ai pu y avoir accès. La collection de l'état civil conservée en mairie commence en 1804, celle du greffe conservée aux Archives départementales commence en l'an XI, les registres de catholicité commencent eux aussi en 1804 et les registres clandestins conservés au diocèse couvrent uniquement la période 1794-1799. Aucun espoir de ce côté-là, donc.

Qu'est-il arrivé aux autres registres ? je l'ignore. Faut-il y voir une conséquence des violents combats qui eurent lieu dans le secteur en 1944 ou faut-il remonter jusqu'aux désordres de la Révolution ? Décidément, la généalogie est l'une des portes d'entrée de l'Histoire et mes recherches ne sont pas près de s'achever.

Si j'ai pu remonter plus loin du côté de Louis Restaux, qui est originaire de Buais, je reste bloquée du côté d'Anne Jacqueline Hamel. Il me manque une pièce essentielle, leur acte de mariage. Il me faudra sans doute explorer les archives notariales, en croisant les doigts, pour renouer le fil…

lundi 8 avril 2013

G comme Goès


J'ai maintes fois entendu ma grand-mère prononcer ce nom, sans y prêter attention. Aujourd'hui qu'elle n'est plus là pour évoquer ses souvenirs, je consulte les papiers de famille pour chercher à en savoir davantage.

Source Photopin

C'est dans ce village, à proximité immédiate d'Oloron-Sainte-Marie, que Julia et son époux Maurice Maitreau s'installèrent durant les premières années de leur mariage. Ils y habitèrent (combien de temps ?) une vaste demeure aux allures de château. La maison existe toujours, elle abrite aujourd'hui un centre équestre : clin d'œil à mon grand-père maternel qui garda jusqu'à sa mort la passion des chevaux !

À ma connaissance, aucun des enfants du couple ne naquit à Goès, mais les deux aînés, Suzanne et Paul, y passèrent une partie de leur enfance. En atteste cette mention au dos d'une image pieuse : "Souvenir de notre première communion, Église de Goès, 17 août 1913".

Maurice ne pouvait guère s'éloigner d'Oloron, où il remplissait les fonctions de greffier auprès du Tribunal civil. Il communiquait donc par courrier avec ma grand-mère, lorsque celle-ci rendait visite à ses parents et, à cette occasion, séjournait à Pau. Quelques-unes de ces lettres sont parvenues jusqu'à moi. Elles reflètent le mode de vie délicieusement suranné des années qui précédèrent la guerre de 1914.

J'en extrais les phrases suivantes. Le 15 novembre 1903 :
"Cette après-midi, comme le temps s'était un peu éclairci, j'ai fait une petite promenade à cheval."

Le 19 août 1905 :
"Les troupes vont cantonner à Goès et à Précilhon pendant les manœuvres ; nous sommes sûrs d'avoir des hôtes. Comment ferons-nous ?"

Le 14 mars 1906 :
"Marie va s'occuper de faire les chambres, l'argenterie, etc…"

Mais le passage que je préfère, c'est celui-ci, écrit le 18 juillet 1907 :
"Le séjour à Goès est bien triste sans ma petite femme et sans mes chers petits. C'est si grand chez nous, si tranquille quand la petite famille n'y est plus. Pas de tapage, pas de bruit, pas de cris, pas de rires, la désolation quoi !
Il me tarde de vous y revoir tous. À bientôt donc ; je vous ramène tous lundi."

Je ne résiste donc pas à l'envie de vous montrer une photographie prise durant cette Belle Époque.

Source Archives personnelles

samedi 6 avril 2013

F comme fioritures


Une fois n'est pas coutume, je vous propose aujourd'hui cette simple page.

Source AD Pyrénées-Atlantiques

Nous sommes à Pontacq, d'où sont originaires mes ancêtres Caperet. C'est un bourg du piémont béarnais, sur la route de Pau à Lourdes. Sur la place de la mairie, se dresse aujourd'hui la statue martiale du général Joseph Barbanègre, un enfant du pays qui s'illustra lors des campagnes napoléoniennes.

Mais revenons à l'Ancien Régime. En 1777, le prêtre qui tenait les registres paroissiaux avait sans doute l'humeur mutine. D'où ces fioritures. J'ai tout lieu de penser qu'il s'agit de messire Bouscat, dont voici la signature.

Source AD Pyrénées-Atlantiques

vendredi 5 avril 2013

E comme éperonnier


Au hit-parade des métiers originaux, Nicolas Lamats me paraît bien placé.

Source Photopin
 Nous sommes en janvier 1836 à Metz et mon arrière arrière-grand-père François Morel, 35 ans, chirurgien aide major au 28e régiment d'infanterie de ligne en garnison à Saint-Étienne, épouse enfin Marie François, âgée de 24 ans. Ils sont déjà parents d'Eugénie Morel, née presque cinq ans plus tôt à Strasbourg et ils légitiment ainsi l'enfant que François Morel avait reconnu dès sa naissance. Mais là n'est pas le sujet du jour.

Nicolas Lamats est l'un des quatre témoins du mariage civil. Les trois autres sont respectivement débitant de tabacs, officier de santé et chirurgien surnuméraire. Lui est éperonnier. J'en conclus qu'il fabrique et qu'il vend des éperons destinés aux cavaliers.

Metz est une ville de garnison, située non loin de la frontière, et le fort Moselle, construit au XVIIIe siècle a longtemps abrité une caserne de cavalerie, une caserne d'infanterie et un hôpital militaire, où François Morel fut un temps affecté. Un éperonnier a donc une clientèle assurée dans cette ville.

jeudi 4 avril 2013

D comme dispense


Selon l'Encyclopédie(1), la dispense est "un relâchement de la rigueur du droit accordé à quelqu'un". Selon le Petit Larousse, c'est "la permission de ne pas faire une chose obligatoire".
Source Photopin

Le généalogiste découvre généralement les dispenses à la lecture des actes de mariage. J'ai donc passé en revue le millier de mariages répertoriés dans ma base de données pour en mesurer la fréquence et je n'ai relevé qu'une quinzaine de cas.

Les dispenses les plus fréquentes concernent la publication des bans. Rappelons que cette publication, en réalité l'annonce d'une promesse de mariage entre deux futurs conjoints, est faite par le curé ou le vicaire au prône de la messe dominicale (ou d'une messe célébrée à l'occasion d'une fête). Elle a pour objet d'informer les paroissiens et de les inciter à se manifester s'ils ont connaissance d'un empêchement au mariage. Le droit canon recense une douzaine de causes d'empêchement, dont l'âge, la disparité de culte, la consanguinité et le rapt.

Sur les quinze cas recensés dans ma base de données, treize concernent la dispense d'un ou deux bans sur les trois régulièrement requis. Cette dispense, accordée par l'évêque du diocèse ou son vicaire général, n'est jamais motivée dans l'acte de mariage proprement dit. À y regarder de plus près, l'urgence semble avoir motivé la dispense à deux occasions au moins.

Le 10 novembre 1727, René Brossard, 44 ans, épouse Jeanne Citoleux, 24 ans, en l'église de la Pouëze, paroisse rattachée au diocèse d'Angers. La fiancée devait être dans une situation intéressante, car elle donne le jour à une petite Jeanne dès le 28 décembre suivant !

Dans ce même diocèse d'Angers, mais cette fois à l'Hôtellerie-de-Flée, le sieur René Letourneau, 35 ans, avait épousé le 1er juin 1713 une certaine Marguerite Bordier, âgée de 31 ans. La mariée relevait de couches car, dans l'acte de mariage, le couple reconnaît devant témoins un enfant né le 4 mai précédent.

Les deux autres cas de dispense concernent la levée d'un empêchement.

Le 15 février 1678, la paroisse de Claveyson, située dans la Drôme des collines, à une trentaine de kilomètres de Valence, célèbre un double mariage : celui de Jean Combat et de Madeleine Cheval et celui d'Aymar Cheval et d'Agathe Rot. Ces derniers, veufs tous deux, sont l'un le père de Madeleine et l'autre la mère de Jean ; il y a donc empêchement "d'affinité spirituelle ou de compaternité", levé par le vicaire général de l'archevêque de Valence.

Je signale au passage que cette paroisse de Claveyson est à une douzaine de kilomètres d'Hauterives, où le facteur Cheval édifia son palais idéal entre 1879 et 1912. Serait-il un lointain descendant de mes ancêtres ? Je n'ai pas encore eu l'opportunité de le vérifier.

Dernier cas de dispense pour affinité, le mariage de François Le Tellier et de Marie Nau, à Concourson-sur-Layon le 26 mai 1716. Les époux ont obtenu un "rescrit portant dispense du quatrième degré d'affinité". Si j'ai bien compris, l'affinité correspond à ce qu'on appelle communément aujourd'hui la parenté par alliance, mais là, j'avoue que je n'ai pas encore démêlé l'écheveau !

Et vous, avez-vous rencontré des cas de dispenses intéressants ?

(1) Œuvre de Diderot et d'Alembert, également appelée Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers, rédigée entre 1751 et 1772.