lundi 18 février 2019

Changement d'herbage…

Depuis une quinzaine de jours, je suis absorbée par la délicate mission qui consiste à migrer d'un iMac modèle 2009 à son équivalent actuel. Mis à part le doublement de la mémoire vive, la finesse accrue et la qualité supérieure de l'écran, un clavier et une souris qui ne réclament plus de piles pour fonctionner, pas de changement notable, en tout cas rien de perturbant.

C'est au regard du système d'exploitation que les affaires se compliquent. La dernière mise à jour installée sur mon ancienne bécane remontait à 2016 : c'était Mavericks (OS X 10.9.5), laquelle n'était plus compatible avec les dernières versions de certains logiciels. Me voici donc aux prises avec Mojave (10.14.3), autant dire un autre univers qui nécessite de renouveler la plupart des applications que j'utilisais jusqu'à présent.

Et de repartir à neuf, avec une installation propre, pourquoi pas ?

Heredis Pro 2019 pour Mac

Je découvre donc enfin la dernière version d'Heredis, intitulée Pro 2019. J'ai aussitôt transféré la totalité de mon arbre généalogique (pas loin de 10 Go), à première vue sans en perdre une ligne, pardon une feuille, ouf !

Alors, quoi de neuf ?

La gestion des sources

La fenêtre de saisie des sources comporte maintenant trois onglets : Médias, Note et Transcription, avec un bouton intitulé "Déchiffrage" qui permet de superposer (ou de juxtaposer) l'image de l'acte et sa transcription. Oups ! Toutes celles que j'avais effectuées jusqu'à présent sont rédigées dans l'onglet "Note". Et, à ce jour, j'ai accumulé plus de 6 400 sources…

Je commençais déjà à envisager de longues séances de couper/coller pour transférer les textes dans la bonne case, jusqu'à ce que j'ai l'idée de jeter un œil dans les "Options", la petite roue dentée en haut à droite du dictionnaire des sources. Et là, surprise, c'est prévu : il y a une option "Échanger note et transcription" (merci, les beta testeurs ?). Un souci en moins.

Le dictionnaire des dépôts d'archives

Absent de la version 2017 que j'utilisais jusqu'à ce jour, je le découvre avec la version 2019. L'occasion pour moi de faire le ménage et de normaliser la présentation : toutes les archives départementales sont maintenant intitulées "AD" suivies du numéro du département (il va me falloir en réviser la liste, car j'ai toujours considéré que Maine-et-Loire était plus parlant et plus facile à mémoriser que 49 !).

L'occasion également de supprimer quelques inexplicables doublons : quelle différence voyez-vous, par exemple, entre "AM Pau" et "AM Pau" ? Moi, aucune, mais bon, c'est corrigé.

À ce jour, j'ai donc utilisé les services de 78 dépôts d'archives, un grand nombre d'archives départementales et municipales, bien sûr, mais également d'autres plus exotiques comme Pireneas presse ancienne… qui affiche, depuis combien de temps déjà, ce désespérant message : "Nous rencontrons en ce moment des difficultés techniques sur Pireneas. La recherche dans la presse ancienne par mot clé n'est plus active." Enfer et damnation !

Les autres nouveautés

Je citerai pêle-mêle quelques autres éléments réjouissants, que vous connaissez peut-être déjà, mais que, pour ma part, j'ai découvert ces derniers jours :
  • La palette Résumé, qui fournit désormais des informations sur les sources et permet d'accéder à plus de détails par le biais de raccourcis,
  • Les variantes d'affichage des cartes,
  • L'arbre des régions, avec des couleurs différentes par ville, département, région ou pays, pour mieux visualiser l'origine de ses ascendants,
  • La famille XXL, qui permet d'afficher arrière-grands-parents, multiples conjoints des ascendants, frères et sœurs de ceux-ci, descendance des cousins, que sais-je encore,
  • Une liste des rubriques personnelles (tiens, voilà une rubrique que je n'utilise guère),
  • Un sous-menu "Gérer mes installations" dans le menu Aide, qui permet d'utiliser la même licence Heredis sur trois ordinateurs différents.

 D'autres surprises m'attendent peut-être, que je découvrirai au fur et à mesure de l'utilisation de cette version. Bref, me voici équipée à neuf pour pousser plus loin mes recherches généalogiques. J'ai même changé la couleur de la fenêtre de travail, optant pour un joli vert plus printanier que le bleu précédent.

lundi 11 février 2019

L'intérêt des recensements

Alors que je cherche à en apprendre davantage sur mes ancêtres les plus proches, les Archives de Paris viennent de mettre en ligne les listes nominatives de recensement pour les années 1926, 1931 et 1936. Une aubaine !

Immeuble 75, rue Pouchet Paris 17e
Collection personnelle

Durant l'entre-deux-guerres, mes grands-parents paternels, que je n'ai pas connus, habitaient dans le 17e arrondissement : plus précisément le quartier des Épinettes (détail indispensable pour consulter efficacement les documents), au numéro 75 de la rue Pouchet. J'ai rapidement trouvé les folios qui m'intéressaient.

Qu'en ai-je retiré ? Des confirmations et une surprise.

Des confirmations

Commençons par elles. En 1926, mon grand-père paternel Frédéric Chancé, né une soixantaine d'années plus tôt à Paris, habite avec son épouse et son fils un grand immeuble de briques jaunes, en bordure de la ligne de chemin de fer de la Petite Ceinture. À cette date, il est employé par la Société générale, chargé d'encaisser les créances auprès des commerçants. Situation toujours d'actualité cinq ans plus tard, en 1931.

J'avais déniché, avec une certaine surprise, cette information sur sa profession en consultant le répertoire des élèves du collège Chaptal, où mon père fit ses études secondaires. Jusqu'alors je savais simplement que Frédéric Chancé avait fait une partie de sa carrière à la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris. L'occasion d'éclaircir un point de détail sur l'uniforme dont mon père gardait le souvenir : le pantalon de nankin faisait partie de la tenue des garçons de recettes, et non pas des chefs de gare, comme le pensait mon père. L'occasion également de rédiger à l'époque un billet sur le sujet(1).

Poursuivons. En 1926, mon père a dix-sept ans. Il est non pas "agent de change", comme mentionné dans le registre de recensement, mais plutôt commis chez un agent de change. En 1931, à vingt-deux ans, il est comptable dans une société, la STAC Nord. Informations déjà connues grâce à un précieux état de reconstitution de carrière déniché dans les papiers de famille.

En 1936, secrétaire des Établissements Savard et fils(2), il a quitté le foyer de ses parents et réside désormais boulevard Berthier. Toujours dans le 17e arrondissement, mais un peu plus à l'ouest, dans le quartier de la Plaine de Monceaux (nom officiel, tel qu'il figure dans les documents administratifs, même si la Plaine Monceau est plus connue sous l'orthographe que j'emploie dans cette parenthèse).

En cette même année 1936, mon grand-père paternel n'occupe plus aucun emploi. Il a désormais soixante-et-onze ans et va décéder en février de l'année suivante.

Les listes de recensement ne fournissent aucun détail particulier sur ma grand-mère, Jenny Letourneau, sinon qu'elle est née en 1875 dans le Maine-et-Loire, ce que je savais déjà depuis longtemps.

Une surprise

Mais, à mon grand étonnement, le foyer abrite un quatrième personnage. Mentionnée en 1926 et 1931, la personne en question ne figure plus sur la liste de 1936 : il s'agit d'une certaine Marie Letourneau, née en 1862 dans le Gard, veuve, qualifiée sobrement de "parente", si j'en crois l'abréviation figurant dans la colonne adéquate.

Son patronyme tendrait à prouver qu'elle est apparentée à ma grand-mère paternelle, Jenny Letourneau. Un seul hic : mes ancêtres Letourneau sont originaires de la Mayenne et ont migré vers le Maine-et-Loire, notamment vers Angers et ses environs, au cours du XIXe siècle. Loin, très loin de ce département languedocien qui tarde tant à mettre ses archives en ligne…

Il ne me reste plus alors qu'à consulter les registres de décès du 17e arrondissement pour la période comprise entre 1931 et 1936. Ce n'est pas insurmontable, mais… Commençons par un petit tour sur Geneanet. Je vous laisse imaginer le nombre d'occurrences obtenues en tapant "Letourneau Marie" dans le formulaire de recherche. Environ 12 600 réponses ! Plus de 3 600 encore, en se limitant à une période postérieure à 1861. Il me faut trouver une autre piste.

Ce département du Gard… j'ai déjà buté sur lui, il me semble qu'une épouse (mais de qui ?) en était originaire. Avant d'explorer ma base de données, je m'avise soudain que ma grand-mère figure sur la liste de recensement uniquement sous son nom de femme mariée. Donc, cette Marie Letourneau aussi, vraisemblablement.

Et là, bingo ! Marie Letourneau s'appelle en réalité Marie Amélie Sidonie Surry. Mon arrière-grand-père Emmanuel Letourneau s'était marié trois fois. Tout d'abord avec Jeanne Pauline Troussier : le couple a donné naissance à ma grand-mère Jenny. Puis en 1903, Emmanuel Letourneau devenu veuf a épousé une certaine Eugénie Suzanne Guillet. Divorce prononcé en 1907 et nouveau mariage en 1911, avec Marie Surry, cette fois. Cet homme devait détester la solitude !

Emmanuel Letourneau, décédé en 1920 à Angers, laissait peut-être sa troisième épouse dans une situation difficile(3). Ce qui expliquerait son hébergement chez sa belle-fille et le mari de celle-ci. J'ai beau interroger mes souvenirs, il ne me semble pas que mon père m'en ait jamais parlé. Il l'a pourtant côtoyée pendant plusieurs années, alors qu'il était déjà adolescent… Cette Marie Surry donc, veuve Letourneau, retourna à Angers à la fin de sa vie : elle y décéda à son domicile, rue Ambroise Paré, le 26 février 1932. L'information figurait déjà dans ma base de données.

Quoi qu'il en soit, je ne puis que vous inciter à consulter toutes les sources à votre disposition pour enrichir vos connaissances sur votre histoire familiale. Des surprises vous  y attendent peut-être…


(1) Voir à ce sujet le billet intitulé Garçon de recettes, publié le 31 octobre 2016.

(2) Fabricants de bijoux en plaqué or, les bijoux FIX. Siège social 22, rue Saint-Gilles, dans le 3e arrondissement de Paris, non loin de la place des Vosges.

(3) Il me faudrait, pour en avoir le cœur net, consulter les tables de successions aux Archives du Maine-et-Loire.

lundi 4 février 2019

Changement de cap ?

Deux mois se sont écoulés depuis mon précédent billet, paru le jour de mon anniversaire. Période consacrée à un voyage en Asie du Sud-Est, à la photographie, aux fêtes de fin d'année en famille et avec les amis. Je traverse également une phase (sans doute de courte durée, ne nous leurrons pas) de tri intensif de vieux papiers et de réorganisation de ma bibliothèque.

Autant dire que la généalogie a été quelque peu délaissée, même si j'ai lu avec attention les commentaires relatifs à une photo que je prenais, sans doute à tort, pour celle de mon baptême(1).

Collection personnelle

J'ai également réfléchi à l'orientation à donner à mes travaux au cours de cette année 2019. Cela fait maintenant dix ans que je consacre une partie de mes loisirs aux recherches généalogiques. J'ai commencé par envoyer quelques courriers, j'ai ensuite fait appel à des bonnes volontés pour me transmettre des documents, j'ai abondamment exploité les registres mis en ligne et j'ai finalement osé pousser la porte des salles d'archives. J'ai également bénéficié de divers contacts, par le biais de Geneanet ou grâce à certains billets postés sur mon blog.

J'ai, à ce jour, identifié 961 ascendants directs, sauf erreur ou confusion toujours possible(2). Une petite centaine en moyenne par an, donc, mais je m'aperçois, année après année, que les ajouts se font de plus en plus rares. Seulement 18 nouveaux "entrants" en 2018, par exemple.

Certes, cela s'explique assez facilement : au fur et à mesure que je remonte le fil du temps, je rencontre des difficultés croissantes de lecture, je suis confrontée à des actes de mariage non filiatifs, à l'absence de certains registres… La dispersion géographique de mes ancêtres y ajoute un obstacle supplémentaire ; à la cinquième génération, ils sont originaires de neuf départements, disséminés dans l'hexagone : Manche, Loir-et-Cher, Mayenne, Maine-et-Loire, Deux-Sèvres, Drôme, Meurthe-et-Moselle, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques. Et vous savez quoi ? je n'ai pas le don d'ubiquité !

J'ai quand même réussi à remonter mes 14 quartiers(3) selon les cas, jusqu'à la 8e, 9e, 10e, 11e ou même 12e génération. Et je m'aperçois que j'ai procédé en plusieurs étapes.

Je me suis d'abord consacrée à fond à la généalogie ascendante, cherchant comme nombre de débutants à remonter le plus loin possible. Jusqu'à la première moitié du XVIe siècle pour un couple à la 16e génération, dont j'ignore à peu près tout ! Mais qui me permet encore d'étonner (épater ?) ceux qui me posent la fameuse question qui énerve tant les généalogistes chevronnés.

J'ai ensuite connu une période de généalogie "collatérale" ou descendante : j'ai voulu étoffer les fratries, dénombrer les frères et sœurs de mes ancêtres, collecter les actes et dates clés de leurs vies (naissance, mariages, décès), et même identifier leurs enfants. La tâche n'est sans doute pas finie, l'est-elle jamais, mais j'en perçois également les limites.

J'éprouve maintenant le besoin de passer à la phase suivante. Approfondir mes connaissances sur mes ancêtres plus proches, en exploitant toutes les sources à ma disposition, insuffisamment consultées jusqu'à présent : archives scolaires, militaires, fiscales, notariales, presse, photos, cimetières… l'objectif à terme étant d'écrire et d'illustrer l'histoire familiale. Vaste programme !




(1) Voir le billet intitulé Anniversaire, paru le 3 décembre 2018.

(2) Et même probable, si j'en crois certain message reçu par le biais de Geneanet.

(3) Et non pas 16, comme le voudrait la logique la plus élémentaire, par le fait de deux ancêtres nés de père inconnu ou non dénommé.

lundi 3 décembre 2018

Anniversaire

C'était… il y a un longtemps déjà, un 3 décembre ! Et déjà un lundi. Je pointai le bout de mon nez vers neuf heures trente, au terme d'un accouchement difficile (si j'en crois la légende familiale), dans une clinique tenue par une communauté religieuse protestante.

Le médecin aurait dit à mon père : je ne suis pas sûr de sauver les deux, s'il faut choisir, je choisirai la mère, un enfant, cela se refait ! Ma tante Jacqueline en ferait cruellement l'expérience, quelques mois plus tard.

Collection personnelle

Le livret de famille catholique qui fut délivré à notre couple lors de notre mariage indique que je fus baptisée (ondoyée, plus vraisemblablement) dès le lendemain en la paroisse Saint-Éloi, dans le douzième arrondissement de Paris. L'officiant s'était-il déplacé à la clinique ? je ne vois pas comment il aurait pu en être autrement à l'époque.

Près de dix mois plus tard, je fus finalement baptisée dans la paroisse du lieu de résidence de mes parents. Il faisait manifestement beau mais frais, ce jour-là, si j'en juge par la photo qui a immortalisé ce moment.

Collection personnelle

Je reconnais sans peine ma grand-mère Julia, qui arbore un surprenant chapeau, ainsi que mon père, tête nue, et ma mère, ses yeux fragiles dissimulés derrière des lunettes noires. À l'extrême-gauche du cliché, l'homme barbu enveloppé dans sa cape ne peut être que le curé. Mais qui sont les deux femmes à côté de ma mère ? Sans doute des amies, que je ne sais identifier.

Que dire de l'absence de mon parrain Paul et de ma marraine "Mamanbelle" ? Admettons que l'un des deux ait pris la photo, ce dont je doute, où est l'autre ?

Je note au passage que j'arborais un petit manteau de lapin blanc… et que ma petite-fille au même âge me ressemblait beaucoup.


Comme souvent, ces photos recèlent leur part de mystère et, tous les protagonistes ayant disparu, cela risque fort de perdurer. Mais, dans l'immédiat, il me reste une chose à faire : demander les copies intégrales des actes d'ondoiement et de baptême dans les deux paroisses concernées. Pourquoi n'y ai-je pas songé plus tôt ?

lundi 26 novembre 2018

Une histoire d'insigne

Ce n'est certes pas la première fois que je fais un tour au château de Vincennes, mais c'est bien la première fois qu'il me saute aux yeux ! Quoi donc ? L'insigne du Service historique de la Défense.

Collection personnelle

À ma décharge, je m'empresse plutôt de franchir le pont-levis pour pénétrer dans l'enceinte et admirer le donjon, la chapelle royale, le pavillon du roi (à l'heure actuelle, en partie dissimulé sous les échafaudages) ou celui de la reine, dans la belle lumière d'un après-midi d'automne.

La façade extérieure de la tour du village, orientée quasiment plein nord, ne bénéficie que rarement d'un éclairage favorable. Cet insigne, la photographe l'avait négligé jusque là, c'est la généalogiste qui le remarque.

L'insigne du SHD

Il a piqué ma curiosité et j'ai donc décidé d'en apprendre davantage à son sujet, même si l'héraldique ne fait pas partie de mes priorités. En voici la description, dans ce vocabulaire abscons cher aux spécialistes de la question :

"Écu français d'azur chargé de cinq drapeaux brochés à dextre par la déesse Athéna tenant l'un des drapeaux, à senestre par Clio muse de l'histoire tenant un marbre chargé de la devise latine en capitales DE GESTIS FRANCORUM, le tout d'or surmonté en chef d'un foudre du même et orlé d'une couronne de chêne et de laurier de sinople soulignée d'or."

Vous êtes certainement plus calés que moi dans ce domaine, mais au cas où…

L'écu français fait allusion à la forme générale, quasiment rectangulaire, sachant que les coins inférieurs arrondis et la pointe sont ici dissimulés par la couronne de chêne et de laurier. Les couleurs azur et or s'appliquent aux formations et unités interarmées.

Je passe sur la déesse de la guerre et la muse de l'histoire, dont la symbolique est claire. Plus subtiles, les piques des drapeaux, qui évoquent les différents régimes politiques de la France : la fleur de lys pour la Royauté d'ancien régime, les aigles pour le Premier et le Second Empire, le coq pour la Monarchie de Juillet et la pique pour la République.

Le foudre (au masculin, dans ce cas), c'est-à-dire le faisceau de javelots de feu, représente l'état-major, le rameau de chêne les vertus civiques et le rameau de laurier les vertus militaires.

Sans être latiniste émérite, on aura compris que la devise se rapporte aux actions glorieuses des Français ; mais qui savait que c'était là le titre d'une histoire de France en latin, rédigée par un humaniste italien du nom de Paolo Emilio, né à Vérone vers 1455, installé en France dans les années 1480 et mort à Paris le 5 mai 1529 ? Je le découvre avec vous.

Pour aller plus loin

Une instruction relative au patrimoine de tradition des unités de l'armée de terre, en date du 21 juin 1985, parue dans le Bulletin officiel des armées, nous donne la définition des insignes : ce sont de petits objets, ou leur représentation graphique, qui sont arborés comme signes de reconnaissance et de distinction.

Il en existe six catégories :
  • Les insignes de décoration,
  • Les insignes de grade,
  • Les insignes de fonction,
  • Les insignes de spécialités ou de qualification,
  • Les insignes de classement ou de concours,
  • Enfin les insignes de grande unité, de grand commandement ou de corps de troupe.

 De quoi faire le bonheur des collectionneurs…

Ces insignes sont créés par le ministre chargé des armées et homologués par le chef du Service historique de l'armée de terre (SHAT, devenu depuis lors le SHD), selon une procédure dont je vous fais grâce.

L'insigne du Service historique de la Défense a été homologué en mars 2005, deux mois après la création du SHD. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.

Sources

Dossier remis par le SHD lors de la visite du 14 novembre 2018
Bulletin officiel des armées
Wikipédia

lundi 19 novembre 2018

Combien de soldats dans ma base de données ?

Avant de participer à un atelier sur les archives militaires, organisé par la Revue française de généalogie et animé par Jérôme Malhache, je me suis posé la question : combien d'individus concernés dans ma base de données Hérédis ?

Collection personnelle

J'ai donc procédé à un tri avec les critères suivants :
  • Hommes,
  • Événement individuel "Service militaire", avec toutes les variantes ajoutées par mes soins (statut, grade, campagne…).

 La liste obtenue comporte une quarantaine de personnes, que j'ai classées de façon chronologique.

Sous l'Ancien Régime

Je n'ai à l'heure actuelle aucun indice sur des ancêtres qui auraient été soldats sous l'Ancien Régime. Dommage, car les noms de guerre et les sobriquets inscrits dans les registres de contrôle des troupes ne manquent pas de poésie. Pensez à Fanfan la Tulipe !

La Révolution, le Consulat et l'Empire

J'ai identifié quelques individus, ancêtres directs, parentèle ou alliés, sur lesquels j'aimerais en apprendre davantage. En voici trois, qui me donneront sans doute du fil à retordre.

"Louis Hocdé âgé de vingt-huit ans maintenant au service de la République en l'armée de Moselle", ainsi qualifié dans l'acte de naissance de sa fille Elisabeth, rédigé en son absence le 18 novembre 1794 à Château-Gontier ; à cette date, il était en réalité âgé de trente-trois ans.

"François Letourneau actuellement dans les troupes de la République", sans plus de précision, dans l'acte de naissance de son fils Louis Julien, le 13 septembre 1794, également à Château-Gontier. Il avait alors vingt-neuf ans.

"Jean François Nicolas âgé de vingt-quatre ans, oncle de l'enfant du côté paternel, cavalier dans le neuvième régiment cantonné à Mirecourt", identifié dans l'acte de naissance de sa nièce Anne François, rédigé le 26 novembre 1802 à Ceintrey (Meurthe-et-Moselle). Il a alors vingt-cinq ans et sera qualifié d'ancien militaire lors de son décès cinquante ans plus tard dans les Vosges.

Je suis à peu près sûre qu'ils sont plus nombreux. J'ai déjà croisé par exemple un Pierre Hocdé, déjà "soldat pensionné de la République" en 1794, ou un Jean Adema "à l'armée depuis environ deux ans" en 1795.

Les guerres et autres opérations coloniales

Outre mon ancêtre François Morel, qui fut un temps chirurgien en chef d'un hôpital militaire en Algérie au milieu du XIXe siècle et qui a abondamment alimenté la légende familiale, deux personnages ont attiré mon attention.

Le premier, un neveu de mon arrière-grand-père du côté paternel, s'appelle Louis Frédéric Henri Chancé. Né à Montmartre en 1858, il fut engagé volontaire dans l'artillerie de marine et des colonies et effectua un séjour en Guadeloupe de 1881 à 1884 avant de regagner la métropole, où il exerça le métier de doreur sur bois et mourut à l'âge de seulement trente-deux ans.

Le second, Silvain Laubret, fut incorporé dans le 2e régiment d'infanterie de marine en 1884. Il participa à la "campagne de pacification" de Madagascar de 1885 à 1887 et reçut une médaille commémorative.

Les conflits contre l'Allemagne

Guerre de 1870 ou Première Guerre mondiale, dans ce domaine, ma base de données est abondamment fournie. Avec diverses variantes, depuis les combattants en première ligne jusqu'à ceux qui furent déclarés insoumis parce qu'ils avaient émigré en Argentine, en passant par les hussards reconvertis en aviateurs et les détachés dans les entreprises contribuant à l'effort de guerre… J'ai déjà évoqué le parcours militaire de certains d'entre eux.


Bref, j'en suis convaincue, je n'ai pas fini de consulter les instruments de recherche au Service historique de la Défense, de commander des cotes et de photographier des pièces de dossiers. Ce qui m'effraie moins après ces trois jours de formation…

lundi 12 novembre 2018

Mes ancêtres dans la tourmente

En cette période de commémoration de l'armistice de 1918, l'attention des généalogistes se porte naturellement vers les combattants de la Première Guerre mondiale. L'occasion de faire le point sur mes ancêtres, face à ce conflit.

Formulaire présenté lors de l'exposition Été 1914 à la BNF

Mes ancêtres directs

Le hasard a voulu qu'ils soient épargnés, en raison de leur âge.

Mon grand-père paternel, né en 1865, fut définitivement libéré de ses obligations militaires le 1er octobre 1911, à l'âge de quarante-six ans. Mon père, né en 1909, ne gardait que le vague souvenir d'une foule attroupée devant les affiches de mobilisation générale ; il serait davantage concerné par le second conflit mondial…

Mon grand-père maternel, né en 1869 et exempté pour "faiblesse générale" lors du conseil de révision, se porta néanmoins volontaire en 1915 : il avait alors quarante-cinq ans. Incorporé au 10e régiment de hussards, il fut affecté au 8e groupe de cavaliers de remonte[1] à Tarbes (Hautes-Pyrénées), puis fut ensuite détaché comme agriculteur à Lons (Basses-Pyrénées, comme on disait à l'époque), toutes activités qui le tenaient fort éloigné du front[2].

Ce ne fut pas le cas de ses amis, Henri Lacabanne et le docteur Lacoste[3]. Le premier mourut des suites de ses blessures à Dugny-sur-Meuse en juin 1916. Le second, qui était médecin, passa toute la durée de la guerre sous les drapeaux, décrocha plusieurs citations et fut promu chevalier de la Légion d'honneur en décembre 1918.

Mes ancêtres collatéraux

Les frères de ma grand-mère maternelle, plus jeunes qu'elle, furent tous les quatre appelés à revêtir l'uniforme.

Joseph, né en janvier 1884, effectua dix-huit mois de service dans le 15e Régiment de dragons, d'octobre 1906 à mars 1908. Rappelé en activité dès la mobilisation générale, il fut renvoyé dans ses foyers en juin 1917 : il avait été blessé d'un coup de pied de cheval à la jambe gauche et il en conserva des séquelles de paralysie radiale qui lui valurent une pension d'invalidité de 30 %.

Jean, né en octobre 1889, effectua deux ans de service militaire dans le 18e Régiment d'infanterie, d'octobre 1910 à septembre 1912. Mobilisé dès le 2 août 1914, il ne fut envoyé en congé illimité que le 2 août 1919, après cinq longues années de guerre et sept années sous l'uniforme. Il avait été gazé en avril 1918 et avait obtenu la Croix de guerre avec étoile de bronze[4].

Théodore, né en juin 1894, fut incorporé au 144e Régiment d'infanterie en décembre 1914, mais fut réformé pour raisons médicales dès le mois de mai 1915.

Enfin Henri, né en juillet 1899, fut incorporé au 18e Régiment d'infanterie en avril 1918, mais fut également réformé pour raisons médicales moins de deux mois plus tard.

Ma grand-mère maternelle, qui n'avait eu à pleurer ni un mari ni un frère, revêtit néanmoins le deuil en octobre 1918 : la grippe espagnole venait d'emporter sa petite Geneviève, âgée de cinq ans et demi, sœur jumelle de ma mère…


[1] Chargés de la sélection et de l'achat de chevaux pour les besoins de l'armée.

[2] J'avais évoqué son parcours militaire lors du challenge AZ de juin 2014 dans le billet intitulé U comme uniforme.

[3] J'en ai parlé en novembre 2015 dans le billet intitulé Médecin dans la Grande Guerre.

[4] J'avais également évoqué son parcours militaire lors du challenge AZ de 2014 dans le billet intitulé Y comme ypérite.