En généalogie, un doublon est un individu qui possède deux
fiches ou davantage, au lieu d'une seule, dans une base de données. Il encombre
donc inutilement celle-ci.
Les doublons surgissent au détour d'un acte dans lequel ils
sont cités : parrains et marraines, témoins d'un mariage, personnes
présentes à une sépulture, parfois même officiant religieux ou officier d'état
civil. L'absence de détails (âge, métier, lien de parenté, lieu de résidence…)
complique leur identification, d'autant plus s'ils n'ont pas apposé leur
signature sur le registre !
Dès le début, j'ai pris l'habitude de saisir dans Heredis
toutes les personnes citées dans les actes, mais j'ai un temps hésité entre
deux attitudes :
- La prudente, qui consiste à créer une nouvelle fiche si j'ai un doute sur l'identité de la personne,
- La paresseuse, qui consiste à créer un lien avec une fiche existante, si les présomptions sont suffisantes (que celui qui ne l'a jamais fait me jette la première pierre).
Rassurez-vous, j'ai désormais compris que la première option
était la seule acceptable. Mais si les doublons ont tendance à proliférer,
comment arrêter ces envahisseurs ? Et d'abord, comment les repérer ?
Premier indice manifeste : les homonymes. Méfions-nous
toutefois des prénoms qui se transmettent de père en fils ou de parrain à
filleul, multipliant à plaisir, par exemple, les Mathurin Troussier
(actuellement, une bonne douzaine dans mes ancêtres, clairement identifiés
comme étant des personnes distinctes).
Deuxième indice : l'absence de dates clés, je veux dire
par là les dates de naissance ou de baptême, de mariage, de décès ou de
sépulture. Le cas est surtout fréquent sous l'Ancien Régime, les officiers
d'état civil, notamment ceux de la deuxième moitié du XIXe siècle,
étant moins avares en détails que les prêtres qui tenaient les registres
paroissiaux. Cela peut se comprendre : le curé qui croisait ses ouailles
tous les jours ne voyait pas la nécessité de préciser un lien qui lui
paraissait évident.
J'ai donc décidé de faire le ménage dans mon arbre
généalogique. Mais comment s'y prendre et par quel bout commencer ? Je
viens de franchir le cap des 8 000 fiches et je me vois mal les éplucher
une par une, dans l'ordre alphabétique où elles se présentent, précédées de
quelques prénoms sans autre patronyme qu'un magnifique point d'interrogation
(résultat de difficultés de lecture ou d'un curé négligent). Combien de jours,
de mois, d'années peut-être, avant d'atteindre le dernier personnage de la
liste ?
Je pense que je vais procéder branche par branche, en
commençant par les plus fournies. Ce qui fait immédiatement surgir la question
suivante : comment repérer les branches qui comprennent le plus
d'individus ?
Dans Heredis, si je passe par le dictionnaire des noms, j'ai
bien la fréquence d'utilisation de chaque patronyme, mais à condition de le
sélectionner dans la liste. Trop long ! avec les variantes, il y en a
actuellement 3 192 !
Dans Geneanet, j'obtiens quelque chose de plus satisfaisant,
avec le chemin d'accès suivant : Voir mon arbre/Autour de
l'arbre/Statistiques/Fréquence/Noms. Cela donne une liste de patronymes,
classée par ordre décroissant de fréquence.
Le mieux consiste à combiner les deux approches : un
premier tri dans Geneanet pour repérer les patronymes les plus fréquents et un
passage par Heredis et sa palette "Individus", pour y incorporer les
variantes (Laubret, mais aussi Laubré et Laubrette, par exemple). J'obtiens
ainsi la liste de tous les individus porteurs du même nom, indépendamment des
fantaisies introduites par les différents rédacteurs des actes.
Sans grande surprise, les patronymes qui se détachent
nettement sont celui de mon père et celui de ma mère, puis celui des Troussier
originaires de la Mayenne. À moi de jouer pour y traquer les doublons. Mais
comment m'y prendre ?
Dans un premier temps, j'ai l'intention de rechercher les
dates manquantes, en complétant les fratries, en recherchant les dates clés des
collatéraux et alliés ainsi que celles de leurs parents et de leurs enfants.
Cela devrait permettre d'éclaircir certains points, notamment tous ces
individus indiqués dans les actes comme oncles et tantes, gendres,
beaux-frères, cousins…
Ensuite, relire les actes pour peut-être y découvrir un
détail qui m'aurait échappé : ce mot que je n'avais pas déchiffré dans un
acte de baptême à la suite du nom du parrain, n'est-ce pas "orfevre" ? J'ai bien par ailleurs un homonyme
marchand orfèvre, qui a épousé une tante de l'enfant…
Enfin, noter les points sur lesquels je bute et
pourquoi : difficile d'identifier avec certitude les liens de parenté avec
un parrain, une marraine, un témoin, lorsque les registres des vingt ou trente
années précédentes ne sont pas disponibles. Je sais que je n'éliminerai jamais
radicalement les doublons de ma base de données, mais je peux d'ores et déjà la
nettoyer un peu.
Bon, voilà l'ébauche d'un programme pour les semaines à
venir…
Et vous, comment faites-vous pour éliminer les
doublons ?
