lundi 3 mars 2014

Vous avez dit M comme métier ?


Voilà, je cherchais une idée pour illustrer le thème du mois de mars proposé par Sophie Boudarel et j'ai découvert de nouvelles fonctionnalités du logiciel Heredis. Je ne sais pas si elles sont réellement nouvelles, mais disons qu'elles m'avaient échappé jusqu'à ce jour.

Savez-vous que vous pouvez ajouter des professions dans le dictionnaire du même nom ? Jusqu'à présent, je tapais "tailleur d'habits" ou "employé de chemins de fer" dans le champ prévu à cet effet et le logiciel reconnaissait par défaut le premier mot, qui venait ainsi enrichir la liste des professions. Si je voulais faire ensuite un tri pour identifier tous mes ancêtres exerçant le même métier, j'avais de grandes chances  de voir figurer dans la liste les tailleurs de pierre avec les tailleurs d'habits, et les employés de bureau ou de commerce avec ceux des chemins de fer !

C'est là qu'intervient une subtilité : vous allez dans le champ "profession" du module de saisie, vous sélectionnez le texte "tailleur d'habits", vous cliquez sur la petite flèche située à droite et hop ! ce nouveau métier est enregistré dans la base de données.


Deuxième astuce : vous pouvez ajouter des variantes à une profession. Les cultivateurs, fermiers, métayers, laboureurs, closiers, bordagers (et j'en oublie sûrement) sont tous des agriculteurs, non ? Alors, comment faire si je veux savoir combien de personnes figurant dans ma base de données ont travaillé la terre ? c'est simple, en ajoutant des variantes à la profession d'agriculteur, comme on ajoute des variantes orthographiques à un patronyme.


Troisième astuce, qui découle de la précédente : la possibilité de tri par profession, incluant les variantes définies précédemment. Désormais, je vais dans la palette "Individus", je sélectionne le critère "Identité", je choisis le champ "profession", je clique sur la petite loupe pour dire "contient", j'ajoute "agriculteur", je lance la recherche et hop ! voilà 585 individus qui apparaissent, sur les 2 974 pour lesquels j'ai indiqué une profession. Deux seulement sont qualifiés d'agriculteurs dans les actes, mais il faut compter aussi les 245 cultivateurs, les 193 laboureurs, les 31 closiers… je vous fais grâce des autres !


Je note au passage que je peux afficher cette liste par ordre alphabétique des patronymes, par ordre chronologique ou par date de modification. De quoi répondre largement à mes attentes.

J'en ai aussitôt profité pour voir quelles étaient les professions les mieux représentées. Eh bien, ce sont les religieux qui arrivent en tête : ils ne sont pas moins de 757, avec leurs variantes (prêtre, chanoine, diacre, clerc de l'église, clerc tonsuré). Normal, je note systématiquement l'officiant religieux lorsque j'enregistre un acte de baptême, de mariage ou de sépulture.

Ils sont suivis par les agriculteurs déjà évoqués, sans compter les journaliers (129) et les domestiques (68) que j'ai laissés à part, mais qui travaillaient vraisemblablement aussi sur des exploitations agricoles. Jusque-là rien de bien surprenant.

J'ai plus de mal avec les "propriétaires" (175), qui apparaissent dans les actes au XIXe siècle : à quelle catégorie les rattacher ? Exploitent-ils eux-mêmes les terres qu'ils possèdent ou se rapprochent-ils plutôt des "rentiers" (21), qui fleurissent à la même époque ? La distinction entre les deux recouvrait-elle une réalité ou dépendait-elle simplement du bon vouloir de l'officier de l'état civil ?

Viennent ensuite les artisans, dispersés dans mes statistiques selon leur spécialité : 85 tisserands, 38 cordonniers, 30 menuisiers, 25 meuniers… J'allais oublier les "maréchaux", qui n'ont rien à voir avec les militaires, mais qui étaient chargés de ferrer les animaux de trait, chevaux mais aussi bœufs de labour, et de les soigner à l'occasion. C'était le métier de Pierre Mestreau au XVIIe siècle, mon plus lointain ancêtre du côté de mon grand-père maternel.

Je terminerai ce billet par trois métiers qui m'ont d'abord intriguée lorsque je les ai rencontrés pour la première fois : le poupelier, le tireur d'étain et le maréchal en œuvres blanches !

Mes ancêtres poupeliers sont originaires du nord de la Mayenne et faisaient commerce de chanvre ou de lin en bottes appelées "poupées", d'où leur nom. Mon tireur d'étain vivait dans la même région, mais il cardait la laine pour en faire des estames ou estaings. Enfin le maréchal en œuvres blanches n'était autre qu'un taillandier, c'est-à-dire un artisan qui fabriquait des outils tranchants, dont la lame blanchissait sous l'effet de l'affûtage.

Le taillandier
Source gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg

Sur ces bonnes paroles, je me demande si je ne vais pas faire un tour en librairie, pour acquérir un dictionnaire des métiers ? à moins de le commander directement par Internet, mais ce n'est pas le même plaisir…

7 commentaires:

  1. Très pratique ces subtilités sur Heredis ! Je crois que je vais finir par passer à ce logiciel...

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    1. Il semblerait que cette possibilité existe dans la version Mac, mais non dans la version PC…

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    2. J'arrive après la bataille, mais je confirme que cette possibilité existe aussi sur PC.

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  2. Excellent, je n'avais pas regardé ce point, merci de nous faire partager ta découverte :) Je crois qu'il y a un bon dictionnaire vendu par la RFG, si tu l'achètes, je compte sur toi pour nous en faire la critique :)
    Et à samedi

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    1. Après l'avoir vainement cherché à la FNAC et à l'Harmattan (sous une pluie battante), j'ai fini par le commander.

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  3. Maréchal en œuvres blanches, je trouve cette profession très poétique !

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