lundi 12 juin 2017

Pause estivale

Pas de challenge AZ pour moi, cette année, et comme l'été est en avance sur le calendrier, je m'octroie une pause dès le mois de juin, voilà !

Dans l'attente de nouvelles trouvailles généalogiques et d'anecdotes familiales inédites, je vous propose cette image : elle date du temps où des photographes plus ou moins professionnels guettaient encore les touristes aux abords des plages…

Collection personnelle 

À vous de trouver le lieu et l'année de la prise de vue, si cela vous amuse !

lundi 5 juin 2017

Un citoyen pas si ordinaire

L'étude de la branche Déodat m'a conduite à m'intéresser à la famille Loumède, installée de longue date à Nay et avec laquelle elle semble avoir tissé de nombreux liens. Elle fait également partie de mes ancêtres. L'occasion de découvrir quelques pépites !

Des artisans tourneurs

Comme ce Guillaume Loumède, tourneur de chaises, par exemple. Marié une première fois avant 1755 avec Anne Puyo qui lui donne au moins sept enfants, il épouse trente-cinq ans plus tard, en mai 1789, une jeune veuve, Marie Sarrat. Neuf mois auparavant leur était né un petit Pierre, que Guillaume avait reconnu, mais qui n'avait vécu que trois semaines à peine.

Plusieurs enfants sont issus de cette union tardive. Dont un autre Pierre, né en octobre 1789, moins de cinq mois après le mariage. À première vue, un personnage qui n'attire pas l'attention. Il est tourneur, comme son père. Il épouse à vingt-sept ans, en février 1817, une jeune femme qui a trois ans de moins que lui. Surviennent les naissances, au rythme d'une tous les deux ans environ. Bref, rien que de très classique… jusqu'à cette mention que je lis dans l'acte de naissance de son fils Dominique en novembre 1830 :

"… est comparu Pierre Loumède, chevalier de la Légion d'honneur, âgé de quarante et un ans, domicilié à Nay…"

Un modeste artisan chevalier de la Légion d'honneur ? Voilà qui mérite des recherches plus approfondies. Un petit tour dans la base Léonore s'impose.

Soldat de l'Empereur

Le dossier comporte une vingtaine de pages, états de services, extrait d'acte de naissance, pièces administratives diverses, de quoi satisfaire ma curiosité.

Notre homme a participé aux campagnes napoléoniennes, non pas les plus glorieuses ni les plus connues, mais celles qui précèdent de peu la première abdication de l'Empereur, lorsque les Autrichiens, les Prussiens et les Russes étaient à quelques dizaines de lieues de Paris. Enrôlé sous les drapeaux comme simple soldat en mars 1813, Pierre est caporal en janvier 1814, puis sergent un mois plus tard. Promotion rapide, dans l'esprit du temps.

Portrait de Napoléon, Musée de l'Armée
Hôtel national des Invalides

Il participe à la campagne de France de 1814, est blessé deux fois à quelques jours d'intervalle, fait prisonnier à Nogent-sur-Seine le 14 mars et rentré trois semaines plus tard, le 8 avril.

Pierre était voltigeur au 36e régiment d'infanterie de ligne, dans la Grande Armée.

Le 1er septembre 1814, durant la Première Restauration, un 35e régiment d'infanterie de ligne est constitué à partir du 36e, du 142e et d'un bataillon de voltigeurs de la Garde impériale. Pierre, qui figure dans les effectifs jusqu'au 1er octobre 1815, fait désormais partie de l'Armée de la Loire.

Chevalier de la Légion d'honneur

Si je comprends bien le contenu de son dossier, notre homme a donc été promu chevalier de la Légion d'honneur en 1818, avec effet rétroactif à compter du 17 mars 1815. Selon le document qu'il signe le 8 juillet 1818, alors qu'il a regagné sa ville natale au pied des Pyrénées et qu'il s'y est marié, il prête d'ailleurs serment de fidélité au Roi : Louis XVIII avait conservé l'institution créée par Napoléon, en la rebaptisant Ordre royal.

Mais l'affaire se complique. Le 10 avril 1824, Pierre Loumède adresse une missive à son Excellence le Grand Chancelier de l'Ordre royal de la Légion d'honneur, pour réclamer son traitement des années 1820, 1822 et 1823. À l'époque, les chevaliers percevaient 250 francs par an, les officiers 1 000 francs, les commandants 2 000 francs et les grands officiers 5 000 francs. Des montants non négligeables, on s'en doute.

Lettre de Pierre Loumède au Grand Chancelier
Source Léonore LH/1666/53

Pierre tente d'apitoyer la Chancellerie, en arguant respectueusement du fait qu'il n'a pas d'autres ressources et qu'il est père d'une nombreuse famille.

Pierre ou Jean ?

Le hic dans cette affaire, c'est qu'il semble y avoir une certaine confusion entre deux Loumède, Pierre et Jean ! Ce qui déclenche une enquête de la Chancellerie : qui doit porter la décoration et, surtout, qui doit percevoir le traitement ? Elle va durer deux ans, avec échange de courriers, demandes de pièces…

Allons jeter un œil aux registres de contrôle des troupes disponibles en ligne, que je n'avais pas eu l'occasion de consulter jusqu'ici. Effectivement, notre militaire y est inscrit sous le prénom de Jean, né en 1793. Mais les documents figurant dans le dossier de la Légion d'honneur sont formels : c'est bien Pierre qui a servi sous les drapeaux et qui a été nommé chevalier, c'est à lui que sera versée la pension correspondante et c'est à ses héritiers que seront réglés les arrérages, après son décès le 1er décembre 1843.

Or Pierre Loumède, né le 6 octobre 1789, avait bien un frère prénommé Jean, né le 6 mai 1793, vivant et en âge d'être incorporé à l'armée en 1813. Alors il me vient une idée folle : et si Pierre avait pris la place de son frère Jean lors de la conscription ? Comment savoir ?


Je n'imaginais pas, en collectant les actes d'état civil de la famille Loumède, y découvrir un tel imbroglio !

lundi 29 mai 2017

Histoires de textiles

J'ai consacré ces jours derniers à mes ancêtres Déodat. Non sans difficulté, comme vous allez le voir. L'occasion d'une escapade virtuelle au pied des Pyrénées, pour en apprendre davantage sur la ville de Nay (prononcez "Naille") et découvrir le métier de laneficier.

Un parcours semé d'embûches

Jeanne Déodat (1819-1894) fait partie de mes ancêtres à la cinquième génération : elle n'est autre que la mère de mon arrière-grand-père Théodore Fourcade.

J'ai réussi à remonter sa lignée paternelle sur quatre générations, en cherchant de manière très classique les baptêmes, les mariages et les sépultures, et en tentant de reconstituer les fratries complètes issues de chaque couple. Mais le parcours s'apparente plus ou moins à une course d'obstacles !

Première difficulté, les variantes orthographiques et cette manie béarnaise de mélanger patronymes et noms de maisons. Je l'avais déjà évoqué dans un précédent billet(1), mais si je parviens à comprendre la logique de cet usage en milieu rural, où prime la propriété agricole, j'ai plus de mal à l'admettre en ville, chez les artisans et les marchands. Comment être sûre que cette Jeanne Daima et cette Jeanne Cassou ne sont bien qu'une seule et même personne ?

Deuxième difficulté, les registres paroissiaux de Nay. Est-ce la mauvaise qualité du papier, celle de la plume ou celle de l'encre, toujours est-il que de nombreuses pages sont quasiment illisibles : on dirait le travail bâclé d'un mauvais écolier, à grands renforts de surcharges et de pâtés ! Bref, rien qui incite à feuilleter patiemment les registres dans l'espoir d'y dénicher la pièce qui manque dans le puzzle familial.

AD 64 Nay BMS 1763-1772 vue 15/503

Troisième difficulté, celle-ci imputable directement à mes ancêtres, leur manque d'imagination dans l'attribution des prénoms : sur la trentaine d'individus identifiés, plus des trois quarts sont prénommés Jean, Jeanne, Pierre, Catherine ou Bertrand. Souvent dans la même fratrie. Alors ce Jean qui se marie, sans autre précision sur son âge que la mention "mineur", est-ce l'aîné ou le cadet ou même un troisième qui n'avait pas encore pointé le bout de son nez ?

Et ne croyez pas que les choses s'arrangent au XIXe siècle. Si les actes de décès indiquent parfois que le défunt est veuf, ils n'en indiquent pas pour autant le nom du conjoint ! Alors ce Jean qui décède… même doute sur son identité.

Mais assez râlé, passons aux découvertes.

Une bastide sur les bords du gave

La ville de Nay est une bastide(2) créée à l'aube du XIVe siècle, sur la rive gauche du gave de Pau, à proximité d'un gué. Son plan en damier est organisé autour d'une place centrale rectangulaire de vastes dimensions, bordée d'arcades, où se tient le marché.

Sa vocation, avant tout commerciale, est renforcée par la création d'une manufacture royale de draperies et de teinturerie vers 1558. En dépit des aléas (incendies, guerres de religion, bouleversements économiques…), la tradition textile y perdurera jusqu'à nos jours(3), à partir de deux matières premières : le lin, cultivé dans la plaine aux abords du gave, et la laine, fournie par les moutons élevés dans les contreforts pyrénéens.

Troupeau de moutons au sommet d'un col pyrénéen, collection personnelle

Ici comme ailleurs, le travail de la laine fut d'abord une activité domestique. L'hiver, lorsque les activités agricoles ne mobilisent plus tous les membres de la famille, les enfants et les vieillards cardent la laine pour la débarrasser de ses impuretés et en démêler les fibres, les femmes filent ou tricotent et les hommes tissent des étoffes de drap.

Selon leur qualité, le nombre de fils et la nature de la trame, ces étoffes sont appelées burats, cadis, cordelats, droguets, serges ou rases. Elles servent à confectionner des vêtements, plus robustes que raffinés.

Les marchés locaux, comme la ville de Nay, centralisaient la production de la campagne environnante. Dans le Béarn, les marchands-fabricants de laine étaient appelés des "laneficiers". Ancêtres directs, parrains, gendres ou témoins, j'en ai une bonne dizaine dans ma base de données.

Mes ancêtres Déodat

Jean Déodat a épousé Jeanne Daima à Nay en septembre 1723. Lui était originaire de Labatut-Rivière, une paroisse sur les bords de l'Adour, aux confins du Béarn, de la Bigorre et de l'Armagnac ; elle venait de Bayonne, sur les bords de l'Adour également, mais du côté de son embouchure. Tous deux habitaient dans le diocèse de Nay depuis plusieurs années, nous dit l'acte de mariage. Quelle nécessité les a poussés à franchir ainsi plusieurs dizaines de lieues ? Comment savoir ?

Aucune information sur leur métier, les actes de baptême de leurs six enfants restent muets sur ce sujet. L'un de leurs fils, Bertrand Déodat, né en 1727, est le premier à être qualifié tantôt de laneficier, tantôt de teinturier. Les deux générations suivantes fournissent également des apprêteurs(4), des tondeurs et un valet de ville(5).

Jusqu'à Jeanne, qui était tricoteuse à Clarac, un faubourg de Nay situé sur l'autre rive du gave. En 1851, elle a déjà trente-et-un ans lorsqu'elle épouse un garçon d'écurie de vingt-neuf ans. Il s'appelait Gabriel Fourcade et il était originaire d'Aucun (Hautes-Pyrénées). Ensemble, ils migreront vers Pau à une date que j'ai encore du mal à établir, mais que je situe entre 1860 et 1870.

Et leur fils Théodore, mon arrière-grand-père, vendra des toiles de Béarn dans sa chemiserie de la rue des Arts, à Pau, mais ceci est une autre histoire.




(1) Voir le billet intitulé "Des ancêtres qui donnent du fil à retordre", publié le 13 juillet 2015.

(2) Le terme de bastide n'a pas ici le sens de maison comme en Provence, mais celui de ville neuve créée en vertu d'un acte fondateur, attesté par des documents de nature juridique. Sur les bastides pyrénéennes, voir le site Bastides 64, qui explique leur création, leur intérêt et passe en revue une quinzaine d'entre elles dans le département des Pyrénées-Atlantiques.

(3) La ville abrite aujourd'hui le Musée du Béret (que certains appellent basque, mais qui serait plutôt béarnais, donc).

(4) Appêteur ou catisseur : personne chargée de passer un apprêt sur un tissu pour lui donner un aspect lustré ou brillant.

(5) Valet de ville : personne employée par la municipalité.

lundi 22 mai 2017

Un billet en forme de devinette

Quel lien entre la Ceinture de la Vierge, Louis XI et mes ancêtres Maitreau ? Peut-être une paroisse située aux confins de l'Anjou et du Poitou, où je me suis rendue récemment : le Puy-Notre-Dame.

La Ceinture de la Vierge

Il s'agit, selon la légende, d'une relique rapportée de Palestine par Guillaume(1), duc d'Aquitaine, au temps des premières Croisades. Celui-ci en fit don au prieuré du Puy-Notre-Dame pour l'offrir à la vénération des fidèles.

Est-ce l'afflux des pèlerins ? L'église primitive fut remplacée au XIIIe siècle par un édifice autrement plus imposant : trois nefs de six travées, sur une longueur de cinquante mètres et une largeur de quinze mètres, un transept, une abside à chevet plat, le bâtiment construit sur une colline domine la campagne environnante.

La relique avait acquis la réputation d'être bénéfique pour les femmes enceintes. Elle fut notamment prêtée à plusieurs reprises à l'épouse de Louis XIII, Anne d'Autriche, qui peinait à donner un héritier au trône de France.

Ceinture de la Vierge du Puy-Notre-Dame
Collection personnelle

Les reliquaires en métaux précieux dans lesquels elle était conservée ont disparu avec l'Ancien Régime, mais elle est toujours visible aujourd'hui dans une vitrine de la collégiale. Longue d'un mètre soixante et large de quatre centimètres, protégée par un fourreau de soie, la ceinture est en réalité dissimulée au regard. Seuls deux cabochons de cristal, offerts par Anne d'Autriche, permettent à un œil exercé de l'apercevoir. L'ensemble est complété par des fermaux(2) en vermeil, gravés en 1537 par un orfèvre de Saumur.

Un collège de chanoines fondé par Louis XI

L'occasion pour moi d'en apprendre davantage sur ces chanoines que l'on rencontre souvent au détour d'une page, sans trop connaître leur véritable rôle dans la religion catholique.

C'est en 1481 que Louis XI dicta le texte qui commence ainsi :

"À tous présens et à venir salut. Comme par cy-devant nous avons fait, fondé, donné, légué et ausmoné à l'église du Puy Notre Dame en Anjou ou diocèse de Poictiers plusieurs beaulx dons d'or, d'argent, droits, devoirs, privilèges, libertés, prérogatives, rentes, proufits, revenus et émolumens pour le soustenement, augmentation et accroissement du divin service fait, dit et célébré en ladite église par certain nombre de gens d'église que nous y avons pour ce dès longtemps ordonnés et establis et jusques à présent Dieu nostre créateur et la très benoiste et très glorieuse Vierge Marie sa mère y ont été très glorieusement et dévotement servis, loués et honorés…"

Après cette entrée en matière qui, dans le style de l'époque, ne craint ni l'emphase ni les répétitions et se poursuit sur plusieurs dizaines de lignes, il en vient enfin au vif du sujet :

"C'est à scavoir que en ladicte église du Puy Nostre Dame y aura dès à présent et doresnavant treize chanoines, tous estans en l'estat et ordre de prestrise, treize vicaires et ung maistre et six enfans de cueur."

Louis XI nomme les premiers titulaires et précise par le menu leurs diverses obligations : messe basse quotidienne en l'honneur de divers saints, récitation de psaumes, service des heures canoniales (matines, prime, tierce, midi, none, vêpres et complies), chant au cours des grand-messes et fêtes solennelles, et jusqu'à leur place dans les stalles qui entourent le maître-autel… Il en prévoit également le financement. Le tout pour le salut du roi, de ses prédécesseurs et de ses successeurs, car c'est à cela que servaient finalement les chanoines d'un collège royal.

Mes ancêtres Maitreau

Et les Maitreau dans tout ça ? Bien sûr, je ne remonte pas aussi loin. Mes recherches généalogiques butent sur l'absence de registres, leur mauvais état de conservation, les lacunes qu'ils comportent, sans parler des difficultés à en déchiffrer les actes. Tout ce que je puis dire, c'est que j'y relève le patronyme Maitreau dans ses différentes variantes orthographiques dès l'année 1625, à une époque où la paroisse ne devait compter que quelques centaines d'âmes.

Néanmoins, au début du XVIIIe siècle, l'un des chanoines s'appelait René Mestreau. Difficile de savoir s'il est apparenté à mes ancêtres directs, mais il officie à plusieurs reprises lors des baptêmes et figure à ce titre dans ma base de données. Et son nom est curieusement mêlé à l'histoire de la Ceinture de la Vierge.

Lorsque la restauration de l'enveloppe de protection fut confiée aux religieuses du couvent des Récollets de Doué-la-Fontaine, sous le Second Empire, on découvrit deux morceaux de papier. Le premier(3) portait cette inscription :

"Le 3 août 1720, la couverture de damas blanc a été mise sur la Sainte Ceinture, en présence de M. René Mestreau, chanoine et sacristain de Sainte-Marguerite, et de M. Michel Loiseau, chanoine de Saint-Blaise."

Deux religieux dont la signature figure à moult reprises dans les registres paroissiaux du Puy-Notre-Dame.

Je n'imaginais pas, lors de mon escapade dans le sud du Maine-et-Loire, une telle rencontre avec l'Histoire.



Sources

Odile Métais-thoreau, Le Puy Notre-Dame, Cheminements, 2000, 245 pages, ISBN 2-84478-132-2

Recueil général des anciennes lois françaises, depuis l'an 420 jusqu'à la Révolution de 1789, par MM. Isambert, avocat aux Conseils du Roi et à la Cour de Cassation, Jourdan, docteur en droit, avocat à la Cour royale de Paris et Decrusy, ancien avocat à la Cour royale de Paris, Belin-Leprieur, libraire, et Verdière, libraire, 1825, Tome X, pages 834 à 845

G. de la Fuye, La Ceinture de la Vierge du Puy Notre Dame, in Société des lettres, sciences et arts du Saumurois, 1959, pages 21 à 35

Et sur la toile :






(1) Guillaume IX, dit le Troubadour, guerrier, poète et grand-père d'Aliénor d'Aquitaine ; né en 1071 et mort en 1127.

(2) Fermail : objet d'orfèvrerie (boucle, agrafe, fermoir, etc.) servant à tenir qqch fermé, nous dit le Petit Larousse illustré, avec son imparable logique.

(3) Le second papier est plus surprenant, dans la mesure où il indique la restitution de deux morceaux de la relique, précédemment dérobés !