lundi 4 juillet 2016

Game over !

J'espère que vous me pardonnerez cet anglicisme, en guise de titre, pour clore le challenge AZ 2016. Voilà, c'est fait ! Tout au long du mois de juin, grâce au défi lancé par Sophie Boudarel, j'ai égrené l'alphabet, évoquant les archives, les bibliothèques, les cartes de Cassini… enfin tous ces menus plaisirs qui font le charme de la généalogie.

Au fil de mes lectures, j'ai découvert sans surprise des titres et des sujets similaires (kyrielles, who's who, zigzags) : une façon de ruser avec les lettres les moins usitées de la langue française.


C'est ma troisième participation au challenge. En 2013, je m'y suis jetée tête baissée, puisant au hasard dans mes dossiers. L'année suivante, j'ai choisi un fil rouge, ma grand-mère maternelle Julia, et j'ai brodé sur sa vie, son entourage, son époque et les nombreuses photos en ma possession. Pour vous, je ne sais pas, mais pour moi un régal !

En 2015, j'ai passé mon tour, incapable de trouver un sujet aussi riche que le précédent.

Cette année, j'ai donc décidé d'aborder le challenge de façon différente. Une sorte d'exercice, comme dans les ateliers d'écriture, avec un thème imposé et une contrainte supplémentaire, celle de ne pas dépasser les quatre cents mots. Pourquoi quatre cents, me direz-vous ? Cent mots me paraissent insuffisants pour traiter un sujet, j'ai du mal à faire court. Mais attention à ne pas lasser le lecteur avec de longs développements, d'autant que la concurrence est rude : début juin, nous étions plus de quatre-vingts blogueurs à nous lancer dans la bataille !

Je me suis organisée. Avec une liste, à la dernière page de mon journal de recherches, afin d'y noter les idées qui, comme chacun sait, se présentent quand on s'y attend le moins. Le fil conducteur s'est peu à peu imposé. Et j'ai commencé à rédiger dès la mi-mars, tout en continuant à alimenter mon blog d'un billet hebdomadaire. Bref, à fin mai, tout était en place.

J'ai constaté avec plaisir que les lecteurs étaient présents, n'hésitant pas à poster des commentaires. Un grand merci à eux, ainsi qu'à Brigitte et à Sophie qui ont inlassablement œuvré pour regrouper tous nos articles dans un Flipboard spécialement dédié. De belles lectures en perspective, pour les semaines à venir.


Vous ne serez pas surpris, je pense, si je vous dis que je m'accorde maintenant une pause estivale ?

jeudi 30 juin 2016

Z comme zigzags

De quelle région vos ancêtres sont-ils originaires ? Si vous effectuez un tour de table ou si vous jetez un œil sur les blogs des généalogistes, vous obtiendrez des réponses très variées. Certains se concentrent sur la Bretagne ou sur l'Auvergne, d'autres explorent les paroisses italiennes, d'autres encore s'usent les yeux sur le gothique allemand ou sur l'alphabet cyrillique… sans parler d'horizons parfois plus lointains encore.

Pour ma part, je reste cantonnée à l'intérieur de l'hexagone. Mais, Dieu merci, la plupart des archives de l'état civil sont désormais numérisées, car j'ai déjà consulté les registres d'une bonne quinzaine de départements !

Cela s'est déroulé au rythme de leur mise en ligne. J'ai commencé par le Maine-et-Loire et la Mayenne, j'ai fait un tour sur le site des archives municipales de Pau, je suis revenue vers Paris, j'ai filé en direction de la Drôme, puis effectué des crochets vers les Vosges, les Deux-Sèvres et la Manche. Nouvelle incursion dans le sud, avec les Pyrénées-Atlantiques et la Haute-Garonne. Puis la Moselle, le Loir-et-Cher, la Vendée, les Landes et, tout récemment, les Hautes-Pyrénées. Sans oublier de brefs passages en Charente-Maritime, dans le Cher ou dans l'Orne…

Bref, s'il fallait l'inscrire sur une carte de France, une trajectoire en zigzag !



Pourquoi une telle diversité d'origines, me direz-vous ? Je répondrai : les hasards de l'histoire. Sans la guerre de 1939-1945, peu de chances qu'un aviateur parisien rencontrât une infirmière paloise, et je ne serais pas là pour le raconter. Même si leurs trajectoires s'étaient déjà croisées à leur insu, lorsque mon père effectua une période d'entraînement militaire à Pau, en septembre 1933.

Les transformations économiques du XIXe siècle ont notamment entraîné des migrations de la campagne vers la ville et de la province vers Paris. C'est ainsi que trois fils de paysans normands vinrent tenter leur chance comme peintres en bâtiment dans la capitale et que l'un d'eux rencontra sur la butte Montmartre une crémière solognote.

Mais les carambolages les plus spectaculaires proviennent sans doute de deux militaires lancés comme des boules de billard sur le tapis vert de l'hexagone : l'un parti des bords de la Loire, l'autre des confins du Vercors, parcourant le territoire national au hasard des garnisons, pour finir leurs jours au pied des Pyrénées, auprès d'épouses nées l'une à Metz et l'autre à Strasbourg !


Et c'est pourquoi je zappe aujourd'hui d'un département à l'autre…

mercredi 29 juin 2016

Y comme "Yes !"



Interjection prononcée d'une voix forte et accompagnée d'un mouvement de l'avant-bras, poing fermé, de haut en bas. Annonce une intense satisfaction, même si elle peut être de courte durée. Se manifeste notamment lorsque, au détour d'une page, dans le énième registre consulté, apparaît soudain l'acte de baptême, de mariage ou de sépulture tant espéré.

… Ou lorsque je déchiffre, non sans difficulté, un contrat de mariage rédigé par un notaire bigourdan au XVIIe siècle.

… Lorsque Thierry Sabot a la gentillesse de signaler un article de mon blog dans sa Gazette du vendredi, ce qui est déjà arrivé à plusieurs reprises.

… Lorsque les archives départementales des Hautes-Pyrénées mettent enfin en ligne d'autres éléments que le cadastre et les recensements de population et en profitent pour améliorer la présentation de leur portail.

… Lorsque j'ouvre, non sans émotion, le dossier de mon grand-père paternel aux Archives de la RATP, que j'y découvre une photographie, des documents de sa main ainsi qu'une lettre rédigée par son épouse.

… Lorsque, au détour d'une page dans L'Indépendant des Basses-Pyrénées daté du 12 septembre 1870, j'en apprends soudain davantage sur la blessure de mon arrière-grand-père Achille Maitreau.

… Lorsque je déniche, dans l'une de mes librairies préférées, un ouvrage sur la Normandie au XIXe siècle.

… Ou lorsque j'accède au Dictionnaire des élèves architectes de l'Ecole des Beaux-Arts, que j'y trouve le dossier d'un de mes grands-oncles, que je rédige un billet sur le sujet et que deux de ses petites-filles me contactent pour que nous fassions enfin connaissance.


Je pourrais ainsi allonger, au risque de vous lasser, la liste des menus plaisirs que me procure, semaine après semaine, la généalogie. C'est d'ailleurs ce que j'ai tenté de vous narrer durant tout ce mois de juin, au gré de mon humeur. Point final demain avec la lettre Z.

mardi 28 juin 2016

X comme mariage (x)

Non, je ne suis atteinte ni de sénilité précoce, ni de dysorthographie ; je sais encore épeler mariage au singulier et au pluriel ! Je fais ici référence à l'abréviation utilisée par les généalogistes lorsqu'ils veulent indiquer une union entre deux individus.

Symbole tout à fait approprié, d'ailleurs : "Croissez et multipliez", nous disait la Bible…

Une noce chez le photographe
Musée des Beaux-Arts de Lyon

Des trois principaux actes de l'état civil, celui du mariage est sans doute le plus riche lorsque nous partons à la recherche de nos ancêtres. Nom et prénoms des conjoints, âge ou date et lieu de naissance, profession, paroisse ou lieu de résidence, nom et prénom des parents, éventuellement mention de leur décès, nom et prénoms des témoins souvent au nombre de quatre, avec leur âge, leur profession, leur lien de parenté avec les futurs mariés : voici la liste déjà longue des informations potentiellement contenues dans le document qui entérine un mariage civil ou religieux.

Avec parfois quelques surprises supplémentaires : l'identité d'un précédent conjoint, la mention d'un divorce, la reconnaissance d'enfants naturels, l'indication d'une dispense de consanguinité, le nom du notaire qui a rédigé le contrat de mariage, une levée d'opposition ou, dans certains registres paroissiaux, de multiples signatures avec ruches et jolis paraphes, pour peu que l'union concerne des familles de notables. Quelquefois aussi une double célébration le même jour (pour renforcer les liens entre deux familles ou pour économiser sur les dépenses de la noce ? comment savoir ?).

Bien sûr, la richesse des informations varie selon les époques et plus les registres sont anciens, plus les prêtres sont laconiques. Dans ma base de données, la palme de la concision revient à un officiant de Niort-la-Fontaine (paroisse aujourd'hui rattachée à Lassay-les-Châteaux dans le département de la Mayenne). Devant la mention "mariage" inscrite dans la marge : "Le onziesme jour de febvrier 1616 Jehan Gonnet et Michelle Turcan". Onze mots et tout est dit. Pour remonter à la génération précédente, il me faudra trouver d'autres pistes !


Il n'empêche. La lecture d'un acte de mariage fait partie des menus plaisirs de la généalogie.

lundi 27 juin 2016

W comme who's who à usage personnel



J'avais déjà effleuré le sujet à l'occasion d'un précédent challenge. Les recherches généalogiques nous conduisent à croiser virtuellement des notables, au moins à l'échelon de leur paroisse ou de leur commune. Personnages récurrents, généralement sans lien de parenté avec nos ancêtres, mais qui apposent régulièrement leur paraphe au bas des actes, comme maire, notaire, officiant religieux, témoin, secrétaire de mairie…

J'ai donc commencé à constituer une sorte de Bottin mondain, réservé à mon propre usage, alimenté pour partie par les actes collectés au fil des pages des registres et pour partie par les dossiers figurant dans la base Leonore.

Je ne puis m'empêcher de sourire lorsque je relève le nom des maires qui signaient les actes de l'état civil durant la première moitié du XIXe siècle. En voici un florilège : Frédéric Auguste de la Chambre de Vauborel, maire de Notre-Dame-du-Touchet de 1807 à 1818, Pierre André René Achard de Leluardière, qui lui succéda jusqu'en 1830, ou encore Adolphe Edme Théodore Archambault Regnard des Coudrées, maire de Salbris sous la Restauration.

Mes critères de choix ? Des patronymes qui m'évoquent un bouquet de fleurs des champs, peut-être… Authentiques nobles rescapés de l'Ancien Régime ou riches bourgeois qui ajoutent le nom de leurs propriétés à leur patronyme, histoire d'instaurer une certaine confusion, difficile à dire. Contentons-nous de sourire.


Les ecclésiastiques ne sont pas en reste. Déjà, dans les registres paroissiaux du XVIIIe siècle, fleurissent ce que j'appelle les patronymes à coulisse. Je pense à Jean Antoine Dutertre de Savonnière, curé de Montilliers, à Jacques Maugars de la Gaucherie et à René Nicolas Nepveu de la Hamardière, curés de Saint-Clément-de-la-Place. Mais mon préféré reste René Gellé, fils d'un marchand de Doué-la-Fontaine et frère d'une de mes ancêtres à la huitième génération. Oratorien, devenu curé de Concourson, il signe invariablement Gellé de Champdoré ! Vanitas vanitatum