lundi 6 mars 2017

L'attrait de la capitale

Je suis née à Paris, j'y ai fait mes études, m'y suis mariée et y ai exercé la majorité de ma vie professionnelle. Il en va de même pour les deux générations qui m'ont précédée, côté paternel.

J'ajouterai que mon père a longtemps travaillé dans un cabinet de transactions immobilières. Il y avait acquis une connaissance très fine de la géographie parisienne : il suffisait de lui citer le nom d'une rue pour qu'il indiquât le quartier où elle se situait et le style des immeubles qui la bordaient. Mon enfance a été bercée par des noms aux consonances plus ou moins poétiques : Marceline Desbordes-Valmore, Francis de Pressensé ou le marquis de Coëtlogon, personnages quelque peu oubliés aujourd'hui, qui ont pourtant chacun donné leur nom à une voie dans la capitale.

Quelques décennies plus tard, lorsque je jette un coup d'œil sur les rayons de ma bibliothèque, je m'aperçois que je collectionne les ouvrages sur Paris : livres de photographies, d'architecture, sur les immeubles remarquables, les jardins ou les musées, les boutiques, les passages et les arrondissements. Ce n'est sans doute pas fortuit.

La généalogie a renforcé cet intérêt, dans la mesure où certains de mes ancêtres se sont installés à Paris dès le milieu du XIXe siècle, à une époque où la ville subissait des transformations majeures : travaux du baron Haussmann, incorporation de communes limitrophes, passage de douze à vingt arrondissements. Sans compter les vicissitudes des archives parisiennes, qui nécessitent de se pencher sur le découpage des paroisses pour tenter de dénicher certains actes de mariage ou de baptême. Et je ne parle pas des changements de nom des rues, au fil des changements de régimes…



La dernière entrée dans ma bibliothèque ? L'Atlas historique des rues de Paris[1]. Son format 30x35 nécessite de le poser sur une table pour le consulter, mais il m'a intéressée à plus d'un titre.

J'y ai notamment appris qu'il existe trois catégories de rues dans la capitale : 
  • Les voies dites naturelles, anciens chemins qui mènent du centre vers les faubourgs et les villages de la périphérie, et qui ont été progressivement bordés de constructions ; elles sont souvent repérables par leur nom (la rue du faubourg Poissonnière prolongeant la rue Poissonnière, par exemple).

  • Les rues de lotissement, ouvertes lors d'opérations immobilières souvent à l'initiative de particuliers qui firent édifier des immeubles de rapport ; elles représentent près de la moitié des rues parisiennes et peuvent être très anciennes (je pense aux travaux entrepris par les Templiers au XIIIe siècle).

  • Enfin les percées, tracées par la puissance publique pour faciliter la circulation urbaine et dégager des perspectives vers les monuments ; elles peuvent être largement antérieures aux travaux haussmanniens, comme la percée de la rue Dauphine dans le prolongement du Pont-Neuf, sous le règne d'Henri IV.

L'ouvrage comprend quatre parties de taille inégale : la formation des rues de Paris, leur typologie, les étapes chronologiques et les rues disparues. Il est complété par un index et une bibliographie et comporte de nombreuses photographies anciennes, ainsi que des plans explicatifs.

L'occasion de mieux comprendre l'environnement de nos ancêtres parisiens, donc.



[1] Pierre Pinon, cartographie Aurélie Boissière, Atlas historique des rues de Paris, Editions Parigramme, 2016, 160 pages, ISBN 978-2-84096-801-6

2 commentaires:

  1. Vade Retro, Dominique, tu viens de me donner envie d'acheter un livre de plus, moi qui n'ai clairement plus de place dans ma bibliothèque :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je sais, je suis confrontée au même problème !

      Supprimer

Votre commentaire sera publié après approbation.