lundi 14 décembre 2015

Deux ou trois choses que je sais de lui…

La consultation du dossier de mon grand-père paternel aux Archives de la RATP(1) va me permettre d'en apprendre davantage à son sujet. Après l'avoir rapidement parcouru pour en découvrir le contenu, il est temps que j'en reprenne chaque feuillet en détail.

Je commence par la fiche de renseignements que Frédéric Chancé a sans doute remplie lorsqu'il postulait un emploi à la Compagnie du Chemin de fer métropolitain de Paris, la CMP. Il y énumère ses antécédents.

Source : Archives de la RATP

J'y apprends qu'il a travaillé durant deux ans et demi chez Monsieur Hoche aîné, marchand drapier 2, rue Colbert à Paris, avant d'entrer en juillet 1883 chez Messieurs Soehnée et Pegé, également marchands drapiers, cette fois au 28 de la rue Feydeau. Frédéric y reste jusqu'au 1er octobre 1886.

Du 1er novembre 1886 au 13 septembre 1893, il est employé chez Maître Saranne, huissier à Paris, dont l'étude est située au 6 bis rue du Quatre-Septembre.

Enfin à compter du 2 novembre 1893, il est employé aux écritures chez Monsieur Abel Goubaud, éditeur de journaux de mode 3, rue du Quatre-Septembre. Il quitte l'entreprise le 30 avril 1901, pour cause de restriction de personnel, dit-il. Une rapide incursion sur le site de Gallica m'apprend au passage qu'Abel Goubaud était notamment l'éditeur du Moniteur de la Mode.

Plusieurs remarques me viennent à l'esprit. En premier lieu, mon grand-père paternel a commencé à exercer une activité salariée fort jeune. Il était né en juin 1865 (sous le Second Empire, donc) ; un rapide calcul permet de constater qu'il a dû entrer chez Hoche au plus tard en janvier 1881, deux ans et demi avant de passer chez Soehnée et Pegé. Il avait donc tout juste quinze ans à ses débuts dans la vie active. Quarante-trois ans plus tard, il aura la même exigence envers son fils, en lui signifiant qu'au sortir du lycée il était temps de commencer à gagner sa vie : mon père entra comme commis chez un agent de change… à quinze ans et demi !

Deuxième remarque, ses différents emplois se situent dans un étroit périmètre autour de son domicile. Frédéric a vu le jour au domicile de ses parents 74, rue de Richelieu, dans le 2e arrondissement de Paris, à deux pas de la Bourse. L'adresse qu'il indique ensuite, notamment lors du conseil de révision, est le 8, rue du Quatre-Septembre, mais en réalité il s'agit du même immeuble, situé à l'angle des deux artères(2). Or la rue Colbert donne dans la rue de Richelieu à la hauteur de la Bibliothèque nationale et la rue Feydeau aboutit également rue de Richelieu, un peu plus au nord.

Quant aux deux autres employeurs, l'un est situé dans l'immeuble mitoyen du 8, rue du Quatre-Septembre, et l'autre dans l'immeuble en face ! Voilà qui réglait la question du transport domicile-travail.

Troisième réflexion : je pense que Frédéric a connu près de dix-sept mois d'inactivité avant d'entrer comme garde, puis comme chef de train, à la CMP ; en effet, il quitte la maison d'édition fin avril 1901 et il ne devient salarié de la compagnie que le 22 septembre 1902.

Ces quelques lignes sur une fiche de renseignements dans le dossier du personnel m'en apprennent déjà beaucoup sur mon grand-père paternel.


(1) Voir le billet paru le 30 novembre 2015.

(2) La rue du Quatre-Septembre, qui s'est d'abord appelée rue Réaumur prolongée, puis rue du Dix-Décembre, a été percée en 1868, trois ans après la naissance de mon grand-père.

2 commentaires:

  1. Quelle chance d'avoir retrouvé ces archives. J'avais tenté des recherches pour mon aïeul employé aux chemins de fer, mais sans succès.

    RépondreSupprimer
  2. Cela fait un peu plus de trois choses dans ces deux articles. Voilà des éléments d'une biographie bien racontée.

    RépondreSupprimer

Votre commentaire sera publié après approbation.